La Norvège a fait la une des journaux lors de sa première participation à la Coupe du Monde de la FIFA depuis 1998 en se qualifiant de manière convaincante pour les huitièmes de finale. Depuis la dernière participation, beaucoup de choses ont changé au sein de l’équipe nationale de football. Mais il existe une stratégie qui relie cette équipe à 1998 : le recours à une cible large.
Qui est l’homme cible ?
L’homme de la cible large est un grand attaquant physique qui joue sur l’aile plutôt qu’au milieu, avec une progression directe du ballon comme objectif principal.
La plupart des équipes dominent physiquement leurs arrières latéraux au centre et privilégient le rythme et la rapidité des arrières latéraux. Pour les équipes qui utilisent une cible large, cela leur donne un avantage sur les ailes.
Ces équipes joueront généralement des ballons directement vers l’homme cible, qui cherchera à faire tomber ou à contrôler un coéquipier, permettant une progression rapide du ballon de la défense à l’attaque. Ceci est particulièrement utile pour sortir d’une presse haute.
Le premier exemple d’un homme aux intentions larges
Beaucoup considèrent le Norvégien Jostein Flo des années 1990 comme le premier exemple de l’homme à cible large. Ensuite, l’entraîneur Egil Olsen a identifié l’inadéquation physique entre un défenseur moyen et Flo, qui mesure 6 pieds 4 pouces, et a élaboré sa stratégie.
La position est devenue tellement synonyme de Flo que le coup de pied d’un long ballon a été surnommé la « passe de Flo ». Il est intéressant de noter que le premier cas de décès de Flo s’est soldé par un but de Goran Sorloth, le père de l’actuel objectif norvégien Alexander Sorloth.
A LIRE AUSSI : Pourquoi la taille d’Azteca donne au Mexique une place en séries éliminatoires contre l’Angleterre
Une autre coïncidence est que l’actuel entraîneur norvégien, Stale Solbakken, faisait partie de l’équipe nationale sous Olsen, jouant comme milieu de terrain principal de l’équipe de 1994 à 2000.
Un exemple moderne de l’homme à cible large
De nos jours, l’exemple le plus frappant d’un homme de grande cible est Mario Mandzukic avec la Juventus. Ensuite, l’entraîneur de la Juventus, Massimiliano Allegri, après avoir recruté Gonzalo Higuain, a ressenti le besoin d’intégrer l’Argentin et Mandzukic dans le même onze sans passer à une paire d’attaquants.
Cela a vu l’Italien utiliser Mandzukic comme une cible large, permettant un jeu direct pour la Juventus. Sa présence a également couvert les défenseurs centraux adverses hors de position, laissant de l’espace à l’avant-centre.
La Norvège l’utilise encore aujourd’hui
Aujourd’hui, Solbakken est confronté à un dilemme similaire à celui d’Allegri, grâce à la présence de Sorloth et d’Erling Haaland, sans doute le meilleur buteur du football moderne.
L’engagement de Solbakken à conserver ses deux attaquants vedettes a conduit à une tactique observée à l’époque où il jouait : l’homme de grande cible.
L’utilisation par la Norvège d’Alexander Sorloth comme cible large a aidé Erling Haaland à créer un autre débouché offensif cette Coupe du monde. | Crédit photo : AFP
L’utilisation par la Norvège d’Alexander Sorloth comme cible large a aidé Erling Haaland à créer un autre débouché offensif cette Coupe du monde. | Crédit photo : AFP
Lors de la Coupe du Monde en cours, Sorloth s’est déployé depuis l’aile droite, avec pour seule responsabilité de dominer les défenseurs adverses.
Dans les matchs que Sorloth a joué, il a commencé comme un homme de grande cible. Dans ceux-ci, Sorloth a été celui à qui il a été demandé de faire tomber le ballon ou d’utiliser la force pour initier des mouvements lorsqu’il jouait pendant une longue période. Plus particulièrement, lors du match contre le Sénégal, Sorloth a joué 11 longs ballons hors de la défense, en remportant six. Ceux-ci ont aidé la Norvège à faire avancer le ballon de près de 50 mètres avec une passe directe.
Un exemple notable de l’efficacité de cette tactique a été le premier match de la Norvège contre l’Irak. L’arrière droit Julian Ryerson a joué un ballon en direction de Sorloth. Il a résisté à deux joueurs irakiens et est retourné sur le terrain pour jouer une passe de Sander Berge.
Le milieu de terrain a trouvé l’ailier gauche Antonio Nusa, qui a joué David Moller Wolfe pour chevaucher l’arrière gauche Wolfe, dont le premier centre a été dirigé au deuxième poteau par Erling Haaland pour le premier but du match.
De plus, lors des trois matches de la Norvège, les adversaires ont utilisé un pressing haut. Grâce à cela, le gardien Orjan Nyland a choisi d’aller longtemps, et régulièrement vers Sorloth sur l’aile droite. Cela s’est traduit par 14 passes de Nyland à Sorloth, permettant à la Norvège de relâcher la pression, lui donnant ainsi une opportunité crédible de monter une contre-attaque rapide.
L’utilisation du Sorloth par la Norvège a été innovante, mais pas révolutionnaire.
Il est à noter que Solbakken était prêt à expérimenter avec son équipe. Bien que cette décision ait sacrifié le rythme d’un ailier plus conventionnel, l’ajout de Sorloth au mélange a permis un style de jeu plus direct. Cela donne à la Norvège une nouvelle dimension à son attaque.
Publié le 5 juillet 2026







